Avant Digger : Iñárritu en trois prouesses
Réputé pour son style grandiloquent et immersif, Iñárritu a souvent adopté des modes de narration et de mise en scène hors-normes. Avant sa comédie mégalomaniaque Digger, retour sur trois prouesses qui ont marqué sa filmographie.

21 Grammes (2003)
Premier film américain tourné par Iñárritu, 21 grammes aurait pu être un énième mélodrame, à base de tragédies personnelles et d’improbables résiliences. Mais en adoptant une caméra portée très brute, et surtout, une temporalité complètement désordonnée, le cinéaste bouscule les codes du genre et construit un film d’une grande sensitivité. Perdu dans un labyrinthe affectif et mystérieux, le public est ainsi amené à faire corps avec les tourments et les remous qui traversent les personnages, avant même de connaître les causes de leur détresse.

Birdman (2014)
Explorant en quasi huis-clos les coulisses tumultueuses d’une avant-première à Broadway, Birdman courait le risque de lui-même souffrir d’une mise en scène théâtrale et anti-cinématographique. Ce serait toutefois mal connaître Iñárritu, qui décide de créer l’illusion d’un seul mouvement continu en capturant son récit dans un gigantesque plan-séquence virtuose. Il en résulte une impression d’urgence, de tumulte et de panique que peu d’autres films sont parvenus à égaler, le tout serti d’une critique acerbe du monde du spectacle et des blockbusters super-héroïques.

The Revenant (2016)
La gestation de The Revenant s’est révélée chaotique : 50 millions de dépassement de budget, d’immenses retards de production, tournage homérique en pleine nature glaciale. Par la volonté d’Iñarritu, ce qui devait être à la base une simple adaptation d’un western d’aventure s’est transformé en une entreprise titanesque digne de Werner Herzog. Heureusement, la sueur se voit à l’écran, et The Revenant s’impose aujourd’hui comme l’une des odyssées les plus stupéfiantes de la décennie précédente. Parmi les nombreux exploits du cinéaste mexicain et de son équipe : être parvenu à éclairer le film uniquement via des lumières naturelles, quitte à réduire considérablement le temps de tournage disponible par jour.






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