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L'instant Séries : 10 ans après BoJack Horseman, Raphael Bob-Waksberg revient sur Netflix avec Long Story Short. Voici ce qu’on en a pensé.

Long Story short de Raphael Bob-Waksberg
© Netflix

Alors qu’il y a dix ans, Netflix portait l’animation pour adultes à de nouveaux sommets avec BoJack Horseman, la plateforme a dévoilé la semaine dernière la première saison de Long Story Short, nouvelle création du génial Raphael Bob-Waksberg. Des dialogues d’une densité rare qui fusent dès les premiers épisodes, une finesse d’écriture impressionnante et une tendresse qui tranche avec le cynisme de BoJack, autant d’éléments qui font de Long Story Short l’une des belles surprises de cette fin d’été. 


Nous avons eu la chance d’échanger avec Raphael Bob-Waksberg autour de ce projet lors du dernier festival d’Annecy. Découvrez ci-dessous cette interview, ainsi que notre avis détaillé sur cette nouvelle pépite. 


Disponible depuis le 22 août et déjà renouvelée pour une seconde saison, Long Story Short  se dessine comme une comédie autour de la vie de la famille Schwooper, et principalement les trois enfants de celle-ci : Avi (Ben Feldman), Shira (Abbi Jacobson) et Yoshi (Max Greenfield). Entre souvenirs familiaux, traumatismes de l’enfance et questionnements d’adultes, Bob-Waksberg et l’équipe (dont les artistes Lisa Hanawalt et Alison Dubois) qui a déjà donné toute sa singularité à BoJack Horseman nous offre un portrait savoureux de la société américaine de ces dernières décennies sous le prisme de la communauté juive.


Long Story short de Raphael Bob-Waksberg
© Netflix

“Les dynamiques familiales, c’est un sujet que j’avais assez peu exploré jusqu’ici”, confie Raphael Bob-Waksberg. “Dans BoJack, les parents sont des personnages caricaturaux, les pires que l’on puisse imaginer. Heureusement, la plupart d’entre nous n’avons pas eu une enfance aussi terrible que BoJack, mais nous avons tous nos traumatismes et nos insécurités. Au travers de cette nouvelle histoire, je voulais me pencher de manière ludique mais réaliste sur les détails de la vie quotidienne qui montrent à quel point nos familles nous affectent.” 


Un poids qui apparaît dès les premières minutes de la série, où les échanges familiaux se transforment en joutes verbales plus endiablées les unes que les autres. Une densité de dialogues et un rythme frénétique qui ne sont pas étrangers à l’auteur. “On entend souvent les auteurs dire : ‘ce sont les personnages qui parlent à travers moi.’ Même si c’est un peu cliché, c’est en effet ce que j’ai ressenti dans ce projet. Lorsque vous connaissez réellement vos personnages et que les dynamiques sont en place, le reste se fait assez naturellement.” 


D’un point de vue artistique, la série se démarque des créations précédentes de l’auteur en abordant une approche plus brute, dessinée à la main. Un parti pris assumé, et un look unique qui correspond très bien à la tendresse du propos, entre maturité et fragilité. Des décors et un style que l’on retrouve dans des personnages presque gribouillés, mais dont la sincérité n’en est que plus forte. 


Long Story short de Raphael Bob-Waksberg
© Netflix

“Ce n’est pas une série autobiographique”, précise Bob-Waksberg. “J’ai pioché dans certaines de mes expériences et dans des récits que l’on m’a fait, et je pense que c’est le monde dans lequel ma famille existe. Mais ce n’est pas mon histoire que je conte ici, c’est bien celle de mes personnages.” 


Fort de son expérience sur BoJack, mais aussi avec les projets Tuca et Bertie (créé par Lisa Hanawalt) et Undone, l’auteur considère cette série comme celle d’une nouvelle maturité, et d’une vision plus solide. Une confiance qui se reflète dans la cohérence de l'ensemble de cette première saison, et dans une série qui place directement la barre très haut et maintient sa qualité tout au long de cette première saison d’une rare force. 


Car entre les torrents de dialogues et les tribulations du quotidien, Long Story Short offre de régulières bouffées d’air frais, moments de contemplation et d’introspection pour les personnages tant que pour le public. S’inspirant de la prise de vue réelle, ou un regard vaut parfois mieux qu’une tirade pour transmettre les émotions de ses protagonistes, Bob-Waksberg offre de vrais moments humains d’une beauté simple. Un coup de cœur. 


Long Story Short est à découvrir en exclusivité sur Netflix. 





De Buffy contre les vampires à Miami Vice, en passant par Drôles de Dames, Fargo ou encore 21 Jump Street et Downton Abbey, les ponts entre petit et grand écran sont nombreux. S’inscrivant dans cette tendance, nous mettons désormais en avant ce médium au travers de l’instant Séries, rubrique de découverte qui traite des actualités de séries tant belges que internationales. Avec comme toujours, cet amour du partage et de la curiosité qui caractérisent notre média. 



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