L’Ultime Héritier : Tuer pour (re)prendre sa place
- Constant Carbonnelle
- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
Avec son Ultime Héritier, le réalisateur John Patton Ford (Emily the Criminal) signe une comédie noire ludique, portée par un anti-héros prêt à tout (vraiment tout) pour récupérer ce qu’il estime lui revenir. Direction le couloir de la mort : Becket Redfellow (Glen Powell) déroule, face à un prêtre médusé, le film de sa vie, y compris ses crimes. Flashbacks enclenchés.

Enfant illégitime d’une mère bannie par une riche dynastie pour avoir gardé son bébé, Becket grandit avec une certaine frustration et une obsession bien ancrée : reprendre sa place dans le clan Redfellow.
Devenu adulte, employé dans un magasin de costumes et poussé par Julia (Margaret Qualley), son amour de jeunesse, il décide de passer à l’action. Son plan est alors très clair : éliminer un à un les membres de la famille Redfellow pour récupérer l’héritage. Un postulat radical, qui donne le ton : ici, la morale passe clairement au second plan. Le film assume pleinement ce cynisme et nous embarque dans cette spirale meurtrière, où chaque disparition devient presque un petit spectacle en soi.

Un jeu de massacre maîtrisé
Le principe est simple mais efficace : une galerie de personnages (cousins, oncle, tante) bien dessinés, des situations qui oscillent entre ironie et cruauté, et une montée en tension au fil des « exécutions ». Le plaisir vient autant du comment que du qui : comment Becket va s’y prendre, et qui sera le prochain.
Mais derrière ce dispositif, L’Ultime Héritier repose surtout sur son personnage principal. Glen Powell, la tête de l’emploi, crée un Becket charismatique et dérangeant. Difficile de cautionner ses actes, mais tout aussi difficile de ne pas le suivre dans sa « folie ». Le film joue constamment sur cette ambiguïté, trouvant là son principal moteur.

Toutefois, derrière le divertissement, une réflexion plus acerbe se dessine : celle d’une société obsédée par l’argent et la réussite. Rien de révolutionnaire, mais suffisamment présente pour donner un peu d’épaisseur à l’ensemble.
Alors, pari réussi ? Plutôt oui. L’Ultime Héritier remplit son contrat : un divertissement efficace, rythmé, porté par un acteur en pleine maîtrise. Mais malgré quelques rebondissements impitoyables et une mécanique bien huilée, le film reste assez balisé. On passe un bon moment, sans jamais être totalement surpris. Une comédie noire solide, donc, plus plaisante que vraiment inoubliable.
Avec Glen Powell, Margaret Qualley, Ed Harris, États-Unis, 105 minutes, 2026.



