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L’Âge mûr : Bâtir une famille, refaire ses fondations

Lui qu’on avait l’habitude de retrouver dans les projets les plus farfelus (Poissonsexe d’Olivier Babinet, Chiennes de vie de Xavier Seron), Jean-Benoît Ugeux aurait-il enfin atteint l’âge mûr ? Visage ancré du cinéma belge, Jean-Benoît Ugeux franchit le mur symbolique du premier long métrage de fiction avec L’Âge mûr. Le cinéaste et comédien s'empare ici du motif de la famille recomposée pour l'ausculter jusqu'à l'os.



Le long métrage nous invite aux côtés de Ludovic (Jean-Benoît lui-même), architecte de profession, qui bâtit des murs pour mieux dissimuler ses propres béances. Le premier art agit ici comme le fil conducteur métaphorique d'un naufrage intime. Professionnellement comme personnellement d’ailleurs, cet homme prône la rénovation de l'existant plutôt que la démolition : reconstruire une maison, ou une famille, finalement n’est-ce pas la même chose ? Lorsque ce bâtisseur de foyer entame une aventure avec Nathalie (Ruth Becquart), mère flamande de deux filles, Ugueux brosse avec acuité le fantasme d’une intégration absolue où le protagoniste s'immerge corps et âme dans son rôle de compagnon et de beau-père. D’autant que lorsque que cette volonté de « faire famille » au point de s'oublier soi-même se confronte à une prise de distance de Nathalie, la rupture devient questionnement identitaire. 


L’Âge mûr
L’Âge mûr ¢Brightfish

L’Âge mûr est un film d’apprentissage tout en nuances et empli d’une grande douceur. Porté par une distribution efficace avec notamment Laurent Capelluto et Catherine Salée, Jean-Benoît Ugeux signe une œuvre pleine de maturité sur… l’immaturité.

Q.M.



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