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La Bataille de Gaulle : L’Âge de Fer : Résistants rassemblement !

Dans la lignée des superproductions françaises dont Pathé s’est fait le porte-étendard, La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer promet deux heures quarante de spectacle autour de la figure (super)héroïque du général de Gaulles. Au risque de tomber dans la caricature ?



Ne pas proposer une énième légende dorée du général de Gaulle, telle était l’ambition du réalisateur français Antonin Baudry (Le Chant du loup). Au contraire, il voulait faire de lui un Don Quichotte moderne (et le film ne s'embarrasse pas de subtilité pour nous le faire comprendre) naviguant dans les jeux politiques d’une époque trouble où il était souvent poussé aux marges de l’histoire.


Mais au final, cette première partie qui suit le grand Charles de la débâcle de 1940 à la prise d’Alger par les Américains en 1942, semble tomber dans les écueils qu’il souhaitait éviter. Et ce, dès sa première séquence : un face à face viril au milieu des Ardennes entre un tank allemand et un colonel de Gaulle qui refuse de “débander”. Le ton est donné.


Simon Abkarian dans La Bataille de Gaulle : L'Âge de Fer.
La Bataille de Gaulle : L'Âge de Fer © The Searchers

Car tout en moquant les penchants grotesques d’un soldat errant aux tendances mégalomanes, le film dresse surtout le portrait d’un grand homme dont les actions ne doivent être remises en cause, se relevant après chaque coup, en ayant toujours le dernier mot. De Gaulle n’est pas sacralisé, mais il est filmé comme une figure quasi christique, parodie de Jeanne d’Arc qui soumet quiconque ose douter de sa parole et les ramène avec magnanimité sur le droit chemin. Tout ça grâce à une autorité charismatique supposée dont on ne sait d’où elle sort, en tout cas, ni de la mise en scène, ni de dialogues trop caricaturaux à force de vouloir galvaniser le spectateur


Pour l’accompagner dans ses aventures guerrières, De Gaulle est épaulé par des compagnons de route (Niels Schneider, Benoît Magimel, Karim Leklou), auxquelles s’ajoutent quelques caméos historiques, nous permettant par exemple de rencontrer Jean Moulin (Félix Kysyl)  à la façon d’un héros sorti de l’ombre un instant. S’y ajoute également un jeune lycéen (Florian Lesieur) conquis par la parole transcendante du Général, dont la trajectoire narrative est aussi artificielle qu’oubliable. Chacun sera embarqué tour à tour dans une série de péripéties aux quatre coins de l’empire colonial français, réuni par la magie du montage, en attendant qu’ils se rassemblent tous pour le combat final contre l’envahisseur fasciste que semble nous promettre la seconde moitié de ce diptyque.


La Bataille de Gaulle : L'Âge de Fer.
La Bataille de Gaulle : L'Âge de Fer © The Searchers

En troquant l’exiguïté d’un sous-marin pour la grandeur des champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale, Antonin Baudry se permet de rêver grand, profitant des larges moyens alloués pour donner vie à sa vision. La reconstitution historique en bénéficie grandement avec des décors, des costumes, des accessoires tout à fait convainquant. Quant aux scènes d'action, on sent qu’elles ont bénéficié d’un solide budget et sans rien réinventer, elles sont plutôt réussies, en particulier celle de la bataille de Bir Hakeim, qui nous plaque au ras du désert libyen. Le film reste cependant assez balisé dans sa mise en scène, et ne vient jamais nous surprendre par une fulgurance dans sa photographie.


Finalement, la première partie de La Bataille de Gaulle tient moins de la fresque historique que du nouvel opus d’une saga de super-héros, si ce n’est que les costumes colorés ont été remplacés par des uniformes militaires plus austères. En ressort un blockbuster divertissant sur un fond historique romancé et convenu, qui ne bouscule jamais vraiment ses grandes figures, et dont la forme trop sage ne parvient pas à masquer les ficelles du récit. Reste à savoir si la seconde partie parviendra à relever la moyenne.



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