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Les films de dinosaures sont-ils en voie d'extinction ?

9 août
4 min de lecture

À l’occasion de la sortie de La Fin d’Oak Street le 12 août prochain, Surimpressions s’est posé une question essentielle : où sont passés les films de dinosaures ?


Jurassic Park.
Jurassic Park © Universal

Jurassic Park.  Pas la peine de faire semblant : c’est le premier film qui vient à l’esprit lorsqu’on parle septième art et dinosaures. Le long-métrage réalisé par Steven Spielberg, sorti en 1993, reste encore aujourd’hui le maître étalon du genre, et a été le point de départ d’une vaste franchise, dont le succès ne décroît pas au fil des années. On aurait pu croire que ce triomphe commercial au long cours motiverait les autres studios hollywoodiens à prendre le train préhistorique en marche. Après tout, Hollywood suit toujours l’argent : la consécration de Gladiator a provoqué une résurgence du péplum au début des années 2000 - Troie, Alexandre le Grand, 300 - tandis que le succès d’Harry Potter a lancé la mode des adaptations de romans jeunesse de fantasy- Narnia, La Boussole d’or, Eragon. Pourtant, à quelques rares exceptions près, Jurassic Park n’a eu pour descendance que ses propres suites


Le Monde Perdu.
Le Monde Perdu © Domaine public

Dinosaures et stop-motion


Il serait cependant injuste de réduire les films de dinosaures à la seule proposition de Steven Spielberg. Les “terribles lézards” - étymologie du terme - étaient présents sur grand écran dès l’ère du muet, avec l’adaptation du best-seller Le Monde Perdu par le cinéaste Harry O. Hoyt en 1925. Oeuvre matricielle du cinéma d’aventure tendance pulp, le long-métrage est surtout resté dans les mémoires pour son usage du stop-motion afin de donner vie à son bestiaire. Un miracle que l’on doit au pionnier des effets spéciaux Willis O’Brien, qui affinera sa technique avec le cultissime King Kong en 1933.


Par la suite, la production dinosaurienne ralentit, le cinéma d’aventure fantastique étant plutôt dominé par les propositions des Universal Monsters. Il faudra attendre le milieu des années 50, et le travail de Ray Harryhausen - lui-même un disciple de Willis O’Brien - pour que les animaux préhistoriques recouvrent la lumière des projecteurs. L’apport d’Harryhausen en matière d’effets spéciaux tient à une technique révolutionnaire: le procédé Dynamation, qui permettait d’incruster les marionnettes en stop-motion au sein d’une image avec des décors à la fois derrière et devant les créatures, là où dans King Kong les monstres occupaient systématiquement le premier plan. Un bouleversement technologique qui a motivé Hollywood à mettre en scène davantage de films préhistoriques, comme Le Monstre des temps perdus et La Vallée de Gwangi. Harryhausen continuera de faire rêver Hollywood jusqu’au milieu des années 70, où son savoir-faire sera finalement supplanté par l’arrivée d’animatroniques.


Le Petit Dinosaure et la vallée des merveilles.
Le Petit Dinosaure et la vallée des merveilles © Universal

Jurassic Sparkle


Excepté le merveilleux dessin-animé de Don Bluth, Le Petit Dinosaure et la vallée des merveilles, la décennie des années 80 aura été particulièrement avare en lézards géants, comme pour mieux préparer le terrain au séisme à venir de l’inéluctable Jurassic Park


Pionnier des effets numériques, opportunément combinés avec l’usage d’animatroniques élaborés par Stan Winston, le film fait de sa démonstration technique le moteur de sa mise en scène et de sa narration. Au vu des standards actuels, Jurassic Park pourrait ainsi presque passer pour une œuvre contemplative, la première heure prenant la forme de longs préliminaires où Spielberg se contente de jeter quelques fragments de merveilleux à son public - l’apparition du brachiosaure, l’éclosion des bébés raptors dans la couveuse -, avant de déverser des tonneaux d'adrénaline et de spectaculaire dans la deuxième partie.


Jurassic Park.
Jurassic Park © Universal

Le problème qui a découlé de ce triomphe, c’est qu’Industrial Light and Magic (ILM), la société chargée des effets numériques de Jurassic Park, était si en avance sur son temps que quiconque s’aventurait sur ses plates-bandes se destinait à un résultat inférieur et aux moqueries du public. C’est d’ailleurs ce qui s’est déroulé dans les années 2000 et 2010, où les rares tentatives de faire apparaître des lézards géants à l’écran ont débouché sur des échecs retentissants - Sound of Thunder, Voyage au centre de la Terre et 65 -, dont les effets spéciaux se révèlent systématiquement moins convaincants que ceux d’ILM.


Jurassic World : Le Monde d'après.
Jurassic World : Le Monde d'après © Universal

Et maintenant ?


Le public bouderait-il les dinosaures sur grand écran ? Le triomphe au long cours de la saga Jurassic prouve le contraire. Peut-être qu’Hollywood manque tout simplement d’inspiration pour mettre en scène ces animaux préhistoriques, condamnés à être traités comme de banals mangeurs d’hommes - alors même que Spielberg trouvait un équilibre entre l’émerveillement et l’épouvante. Les possibilités sont pourtant infinies : voyage dans le temps, thriller de science-fiction, fantasy où dinos et humains cohabitent, etc. Une chose est sûre : sans une nouvelle vision forte et des effets spéciaux à la hauteur, les dinosaures semblent condamnés aux suites de Jurassic Park et aux productions direct-to-video fauchés et nanardesques - comme VelociPastor. En espérant que The End of Oak Street parviendra à donner une nouvelle vie cinématographique à ces créatures fascinantes.

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