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Leviticus : La peur a le visage de l'amour

Et si ce qui vous effrayait le plus était votre plus grand désir ? Dans une petite communauté religieuse australienne, Naim et Ryan tentent de vivre leur histoire d’amour naissante loin des regards. Un quotidien déjà compliqué… qui vire au cauchemar lorsqu'ils sont forcés par leurs proches de participer à un rituel de conversion. De cette prétendue thérapie naît alors une étrange entité, bien décidée à les terroriser.



Mais cette présence n’a rien d’un monstre classique. Pour traquer inlassablement ses victimes, elle prend la forme de la personne qu’elles désirent le plus. Pour Ryan, c’est Naim. Et inversement. Impossible, dès lors, de ne pas penser à It Follows, le film de David Robert Mitchell. Une ressemblance qui n’a toutefois rien d’un hasard puisque le réalisateur australien Adrian Chiarella revendique lui-même l'influence, tout en s’en servant pour lui donner un autre sens.


Leviticus
Leviticus ©18K Film

Car si l’entité est au cœur du dispositif fantastique, réservant au passage quelques scènes d’une grande violence, elle n’est jamais le véritable sujet du film. Derrière cette mécanique se cache en effet une autre forme d’horreur, plus systémique : le reflet d’une société homophobe, dans laquelle deux garçons doivent cacher leurs sentiments, jusqu’à finir par douter d’eux-mêmes.


Une peur qui est bien plus insidieuse que spectaculaire. Le cinéaste la met alors en scène à travers une atmosphère anxiogène, des décors sombres et une tension latente qui ne retombe presque jamais. Pas besoin de jump scares ou de séquences gore toutes les cinq minutes. L’angoisse naît surtout d’une impression constante d’être observé, jugé… condamné.


Leviticus
Leviticus ©18K Film

Avec ce mélange d’horreur psychologique et de drame intime, Adrian Chiarella livre donc un premier long-métrage saisissant et assez malin. Car au-delà de son concept, il réussit avant tout à dénoncer une triste réalité. Et, probablement, l’une des plus révoltantes. 


C.C


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