Lumière, l'aventure continue : La suite d'une odyssée unique en son genre
- Kévin Giraud

- 23 mars
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 mars
Capturées il y a plus d’un siècle, les images du cinéma des Frères Lumière et de leurs équipes enchantent toujours. Narrée par un Thierry Frémaux émerveillé et poétique, cette plongée dans l’histoire de l’image en mouvement nous rappelle que le septième est immortel pour autant qu’on choisisse de le préserver.

Le cinéma, une œuvre collective à préserver, qui rassemble aujourd’hui comme hier. Le patrimoine cinématographique des premiers temps, et plus précisément celui des “studios” Lumière, est au cœur de ce documentaire signé Thierry Frémaux, directeur général du Festival de Cannes et à la tête de l’Institut Lumière. Une suite qui, dix ans après la sortie de Lumière, l’aventure commence, se dévoilera au public belge sur grand écran le 25 mars.
Pourquoi revoir les films Lumière sur grand écran ? Pour Frémaux, la raison est toute simple : “Regarder un film des Frères Lumière, c’est nettoyer ses yeux, effacer les regards saturés et renouer avec une beauté primitive.” Une manière de retrouver ce qui fait l’essence même du cinéma, son langage et sa capacité à saisir les regards pour la postérité.

Dans Lumière, l’aventure continue, c’est pas moins de 125 films qui sont combinés. Un travail de conservation impressionnant, pour une expérience fantastique, hors du temps. Replonger dans le cinéma des Lumière, et de celles et ceux qui ont permis de le rendre immortel, c’est voir un monde d’images, de cadres, de plans et de récits qui sont aux sources de tout un pan de notre histoire, cinéphile mais aussi au-delà. Malgré les traces indéniables d’une époque, d’un regard et d’un contexte socioculturel, un sentiment de profonde humanité se dégage de toutes ces images assemblées en un récit fluide, teinté de poésie visuelle.
Accompagnés par la voix de Frémaux, que l’on sent ému, romantique (et parfois légèrement teinté de fierté française) et la musique douce et subtile de Gabriel Fauré, compositeur français contemporain des Lumière, le film nous offre voyage unique. Une odyssée de celles qu’on partage, et qui nous restent gravées dans la mémoire.

Car voir les images des Lumière en 2026, c’est aussi se rendre compte que déjà, tout est là. De l’étrave d’un navire qui fend les flots, aux cabrioles d’acrobates, le regard est déjà captivé par cette science du plan, par ces cadres. Et lorsque, dans sa conclusion, le film donne à découvrir les images inédites des films tournées en 75mm lors de l’exposition universelle de 1900, cette attraction devient magnétique, impérieuse. Le cinéma est là, dans toute sa beauté et sa force.
Mais au-delà de ces images d’une grande beauté et de ces plans vertigineux de signification, ce qui reste à la sortie de salle est peut-être cette simple citation d’Agnès Varda, qui ouvre cette compilation si singulière : “Les personnages des films Lumière, ce ne sont pas nos ancêtres, nos grands-parents ou nos aïeux, c'est nous.”
Avec Thierry Frémaux (narrateur), Francis Ford Coppola, Roman Coppola. France, 114 minutes, 2025.



