Send Help : Rachel McAdams et Dylan O'Brien dans un survival drôle et féroce
- Camille Wernaers
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
17 ans après son dernier film d’horreur, Jusqu’en enfer, sorti en 2009, et après s’être essayé à des blockbusters, comme la trilogie Spider-man (2002-2007) ou encore Doctor Strange in the Multiverse of Madness (2022), le réalisateur Sam Raimi revient aux éléments qui ont fait le succès de son cinéma avec Send Help, dont le scénario a été écrit par Mark Swift et Damian Shannon.

Présenté comme une « comédie horrifique », le film mélange de l’humour noir à des scènes très gores et s’ancre complètement dans le genre slapstick, qui joue sur une telle surenchère de violences qu’elle en devient absurde et fait rire le public, souvent avec un effet cathartique. C’est d’ailleurs l’une des marques de fabrique de Sam Raimi, que l’on retrouve par exemple dans Evil Dead II (1987). Avec une bonne dose de tension et des scènes hilarantes, Send Help détourne également les codes des films d’horreur et de survie.
Le film s’installe au sein d’une entreprise de conseil dans laquelle est employée l’excentrique Linda Liddle (Rachel McAdams), qui, malgré son travail de qualité, attend toujours sa promotion et fait face à un sexisme crade et à des humiliations régulières de la part du nouveau PDG de la boîte, Bradley Preston (Dylan O'Brien). Intervient le crash d’avion, scène mémorable s’il en est, et voilà que les deux protagonistes se retrouvent coincé·es sur une île déserte, à la merci des éléments, ce qui donne lieu à un jubilatoire renversement des rapports, genrés et capitalistes, de pouvoir.

Linda, en effet, s’y connait en méthodes de survie, de l’allumage d’un feu à la construction d’un abri, en passant par la récupération d’eau potable, tandis que les compétences de Bradley semblent s’être arrêtées au golf (et ce n’est pas sa grosse montre, ni même ses mocassins, qui l’aideront). En désaccord sur comment va se passer leur « séjour », ils se lancent alors dans un violent jeu de pouvoir. Formée par l’experte en survie Ky Furneaux, Rachel McAdams est excellente dans l’interprétation de ce personnage féminin complexe, fort et rempli de failles. A ses côtés, Dylan O'Brien ne démérite pas, dans le rôle d’un homme à la virilité contrariée et aux remarques cinglantes. Somme toute divertissant et réussi, Send Help n’échappe pas à certains tropes problématiques, notamment le personnage féminin « enlaidit » qui s’embellit à mesure que le film avance…
Avec Rachel McAdams, Dylan O'Brien. 112 minutes. États-Unis.



