The Dog Stars, Ridley Scott à bout de souffle
- Kévin Giraud

- il y a 2 heures
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Il existe peut-être un monde d’après où Sir Ridley Scott continue à réaliser des chefs-d'œuvre de cinéma. Mais force est de constater que celui-ci semble s’éloigner à chaque nouvelle proposition. Avec The Dog Stars, le cinéaste livre un film entre deux eaux, à cheval sur une nostalgie du futur quelque peu dérangeante et un sensationnalisme qui sied mal tant à ses personnages qu’à son casting.
Étrange proposition de cinéma que ce Dog Stars, adaptation du best-seller éponyme de Peter Heller (La constellation du chien en français). Dans un futur proche où une pandémie sans nom a décimé la société américaine, Hig (Jacob Elordi), un mécano prompt au vague à l’âme, vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine, incarné par Josh Brolin. De leur existence routinière sans but, ni l’un ni l’autre ne semble vouloir s’extraire, jusqu’à ce qu’un message radio capté par hasard vienne sortir Hig de sa torpeur.

D’emblée, The Dog Stars charme par son atmosphère baignée de grands espaces et de décors naturels somptueux. Au point qu’on en vient à se demander où, et quand démarrera ce récit post-apocalyptique résolument low-key, dans lequel il ferait “presque” bon vivre.Pourtant, la violence est bien présente. D’abord en arrière-plan, puis de manière frontale, incarnée par un Josh Brolin glacial et mathématique, jusqu’à friser le cliché. À cette brutalité sans pitié s’oppose un Jacob Elordi pacifiste mais pragmatique, partagé entre volonté de survie et recherche de sens, mais qui peine à nous emporter dans sa quête.
Une recherche de sens qui nous mènera au travers des montagnes du Colorado à bord du petit avion de Hig, havre de paix mais aussi moteur littéral du récit, portant ses personnages d’un bout à l’autre du spectre de l’âme humaine.Et c’est peut-être là que le film se perd. Car entre post-apo low-key et personnages dantesques qu’on croirait tout droit sortis d’un Fallout ou d’un Last of Us, le dernier né de Ridley Scott ne semble pas trop savoir sur quel pied danser, jonglant entre camo et mélo selon les séquences, tout en étant infusé d’une certaine nostalgie qui pose question.

Malgré le côté carte postale bucolique de ce monde où l’Amérique danse sur ses propres cendres au rythme des banjos, difficile de croire – comme semble le suggérer ce vétéran d’Hollywood– qu’un retour aux sources suffise à mieux recommencer. Et ce n’est pas le couple peu crédible formé par Margaret Qualley et Jacob Elordi, ni même le chapeau de paille de Benedict Wong qui parviendront à nous convaincre du contraire.



