Venise : On a vu Bunker, le thriller parano avec Javier Bardem et Penelope Cruz

Un architecte renommé (Javier Bardem) se voit offrir un contrat onéreux afin de concevoir un bunker de survie pour un milliardaire de la tech. La proposition est intrigante, mais elle va mettre Miguel face à ses propres convictions, et accentuer la fracture entre lui et sa femme Sofia (Penelope Cruz). Surtout que pendant ce temps-là, un voisin du couple (Stephen Graham) a décidé de creuser un trou dans le mur de leur jardin, et d’installer une fenêtre donnant directement sur leur maison, rendant Miguel de plus en plus parano.
Bunker, nouveau film de Florian Zeller (The Father) présenté en compétition à la Mostra de Venise 2026, fait une promesse alléchante : brasser certains des enjeux les plus préoccupants de notre époque contemporaine (l’éco-anxiété, la fracture sociale, le pouvoir nocif des patrons de la tech) et les traiter sous la forme d’un thriller léché. Le tout incarné par un casting de stars internationales (Patrick Schwarzenegger, récemment aperçu dans la saison 3 de The White Lotus, fait aussi une apparition). Malheureusement, tout sonne faux dans cette fable naïve et datée. Le mari, qui n’a visiblement pas entendu la moindre info depuis 2015, ne comprend pas pourquoi un milliardaire chercherait à se faire construire un bunker. La femme, elle, tombe des nues en entendant l’histoire de quelqu’un ayant fait un tatouage en mandarin erroné – une légende urbaine qui sentait déjà le réchauffé il y a deux décennies. Les blagues sont répétées, les motifs martelés, et le sous-texte sans cesse verbalisé par les personnages («il vaut mieux construire des fenêtres que creuser des trous», nous explique ainsi l’un d’entre eux). Bunker a beau asséner ses métaphores à coups de masse, aucun rebondissement ne parvient à craqueler sa surface ultra-polie.

Paradoxalement, on s’ennuie peu devant ce film d’un peu plus de deux heures, sans doute grâce à ses costumes et intérieurs élégants – sans oublier le magnifique chat Blue, qui manque de voler la vedette au reste du casting. L’alchimie du couple Bardem-Cruz crève évidemment l’écran, notamment dans des scènes de dispute finement observées et incarnées. Si vous souhaitez admirer les deux stars dans de meilleurs projets, pas d’inquiétude, il y a l’embarras du choix cette année. Penelope Cruz est hilarante dans L’Invitation d’Olivia Wilde (en salles le 16 septembre), et après avoir séduit Cannes avec L’Être aimé, Javier Bardem pourrait bien décrocher quelques récompenses pour son interprétation vénéneuse dans la série Cape Fear.
Avec Javier Bardem, Penelope Cruz, Stephen Graham. 124 minutes. France, Espagne.




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