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Amours chiennes : Le premier long-métrage percutant d’Alejandro González Iñárritu

Le chien est-il le meilleur ami de l’homme ? Une chose est sûre, l’homme est le meilleur ennemi du chien, comme le démontre Alejandro González Iñárritu dans Amours chiennes bientôt projeté à la Cinematek.


Gael García Bernal dans Amores perros.
Amores perros © Altavista Films

Le fond d’une piscine ensanglantée, un plancher éventré ici et là, la terre noire d’un champ asséché, le bitume granuleux de la chaussée ou la moquette d'une chambre d'enfant : pour son premier long-métrage, Iñárritu refuse de prendre de la hauteur. Mais plus que sa caméra, ce sont ses protagonistes qui restent plaqués au sol, écrasés par leurs propres existences.


À travers trois récits distincts, réunis par le brutal accident qui inaugure le film, Amours chiennes met d’abord en scène des personnages captifs de leur condition respective, à laquelle ils tentent désespérément d’échapper. Un jeune chômeur qui se découvre un gagne-pain canin, une mannequin déchue enfermée dans un appartement presque hanté, un vagabond en proie à des doutes sur ses choix de vie : autant de personnages qui font vivre la fresque viscérale d’Iñárritu, toujours considéré comme l’un des meilleurs films mexicains de l’histoire.


Emilio Echevarría dans Amores perros.
Amores perros © Altavista Films

Le cinéaste mexicain n’hésite à filmer ni les vices de ces personnages, ni la violence de leurs actes. Sans jamais basculer dans un voyeurisme pervers, il montre une réalité terriblement humaine, aussi terne soit-elle. Ici pas de héros, mais des personnages banals, égarés dans une fuite en avant au rythme des compositions effrénées du compositeur argentin Gustavo Santaolalla (Brokeback Mountain, Babel, The Last of Us).


Gael García Bernal dans Amores perros.
Amores perros © Altavista Films

Plus que les chiens, ce sont les humains qui révèlent leurs aspects les plus bestiaux, l’occasion pour Iñárritu de mise en scène tantôt dramatique, tantôt comique. L’une des forces d’Amours chiennes, c’est justement de parvenir à varier son rythme, son regard, son ton. Partout dans le Mexico d’Iñárritu, il n’y a plus que des crocs et des dents. Mais au détour d’un regard ou de quelques mots, se glissent parfois des moments hors du temps, de véritables bouffées d’oxygène au milieu de la mêlée.


Jouant habilement de ces détours poétiques, le réalisateur ne fait que renforcer la nervosité oppressante de son long-métrage, où tout peut se déchaîner en quelques instants dans une ville de Mexico décidément trop exiguë pour toute la galerie de personnages.


À (re)découvrir à la Cinematek le 18 et 21 avril 2026.


Avec Emilio Echevarría, Gael García Bernal, Goya Toledo. Mexique, 153 minutes.


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