Berlinale : Sunny Dancer, Bella Ramsey avoue n'avoir "jamais eu d'adolescence"
- Julien Del Percio
- il y a 20 heures
- 3 min de lecture
Ce vendredi 13 février signe le début de la section Génération de la Berlinale, qui fait la part belle aux trajectoires des enfants et des adolescent-es, ainsi qu’aux regards de jeunes cinéastes. Et c’est Sunny Dancer de George Jacques, avec notamment Bella Ramsey (Game of Thrones, The Last of Us) et Neil Patrick Harris (How I Met Your Mother), qui ouvrait le bal.

Ivy, adolescente de dix-sept ans, a vaincu le cancer il y a quelques mois. Mais malgré cette victoire, la jeune fille semble complètement renfermée sur elle-même, vivant la moindre conversation comme une agression. Ses parents décident de l’envoyer dans un camp d’été pour jeunes adolescent-es atteint-es de maladie grave, perdu dans la lande écossaise. Là-bas, elle s’intègre rapidement un nouveau groupe d’ami-es, chacun-e à des stades différents vis-à-vis de leur maladie.
Avec un tel pitch, on pourrait craindre que Sunny Dancer soit un film mélo, voué à faire pleurer dans les chaumières sur les destins de jeunes ados condamnés. Mais le film surprend rapidement par sa tonalité légère et lumineuse, misant avant tout sur la spontanéité et l’énergie du casting. Le jeune cinéaste George Jacques - dont c’est déjà le deuxième long-métrage malgré ses vingt-cinq ans - explicite sa vision lors de la conférence de presse : “Je ne souhaitais pas faire un film dépressif, il y en a déjà tellement. Évidemment, il y a des moments très sérieux et on a fait en sorte de les respecter, mais c’est aussi un film avec énormément de joie et de fun. Je me suis totalement inspiré de coming-of-age comme Lady Bird et Juno pour parvenir à cet équilibre.”

Neil Patrick Harris, qui interprète le directeur de ce camp pas comme les autres, appuie cette vision : “Personnellement, je n’ai jamais perçu Sunny Dancer comme un film sur le cancer. Pour moi, c’est plutôt un film sur le fait de grandir ensemble. Le cancer, on l’oublie presque pendant un moment, avant qu’il ne te revienne en pleine face.” L’acteur a visiblement vécu le tournage avec cette jeune équipe de manière stimulante :“C’était extraordinaire de voir tous ces jeunes comédien.nes créer une dynamique ensemble. Et j’ai eu la chance d’être là pendant toute la durée du tournage. Parfois, il y a des films qui ont du sens pour moi, mais je ne reste sur place que deux ou trois jours, donc c’est difficile de vraiment se sentir là. Mais ici, c’était parfait.”
Pour l’acteur.ice Belle Ramsey, Sunny Dancer résonne comme un net changement de cap vis-à-vis de ses précédentes productions, avec une histoire à mille lieues des œuvres à grand spectacle qui l’ont fait connaître. Pour la première fois, Bella joue un personnage “normal” - de ses propres dires, teinté d’une expérience autobiographique.“Je me reconnais un peu dans Ivy car comme elle, je n’ai jamais vraiment été une adolescent.e. Comme j’ai commencé à travailler très tôt, j’ai un peu l’impression d’être passé.e directement de l’enfance à l’âge adulte. C’était donc très libérateur et cathartique pour moi de revenir à l’adolescence par le prisme d’Ivy et de sa bande. Et en même temps, avant de faire le film, j’étais terrifié.e de jouer un personnage comme Ivy parce que…C’est quelqu’un de normal. Et je n’ai pas joué beaucoup de personnages normaux dans ma vie. C’était effrayant de dévoiler autant de vulnérabilité. J’ai fini par “trouver” le personnage d’Ivy à travers moi-même.”

En tout cas, Bella Ramsey semble extrêmement heureux-se de ses premiers pas dans le cinéma indépendant. “J’ai eu l’impression que c’était le meilleur moyen possible de faire un film. Dans le futur, j’aimerais beaucoup réaliser et j’ai l’impression que George m’a littéralement montré une feuille de route de “comment réussir un film” en faisant preuve de gentillesse et de générosité. Et puis, tout le monde était tellement heureux d’être là, en Écosse pendant six semaines. Je pense que c’est ça qui rend l’expérience si spéciale : tout le monde voulait être là et faire quelque chose qui a du sens. Cette expérience d’être dans une famille, que l’on ressent dans chaque tournage, est amplifiée par ce contexte. Honnêtement, ces six semaines étaient la meilleure expérience que j’ai eu dans ma carrière professionnelle.” Des paroles solaires, qui expliquent sans nul doute la formidable complicité qui se dégage de Sunny Dancer.
Avec Bella Ramsey, Neil Patrick Harris, Daniel Quinn Toye. 106 minutes. Royaume-Unis.
