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Cannes : Club Kid, une nouvelle forme de parentalité

Club Kid, de Jordan Firstman
Club Kid © A24

Présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes, Club Kid marque les débuts derrière la caméra de Jordan Firstman, cinéaste mais aussi chanteur. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que son premier long métrage a électrisé la Croisette. Entre euphorie nocturne, chaos affectif et tendresse inattendue, le film réussit à transformer un récit sur la parentalité en une véritable explosion d’humanité. Le point de départ, pourtant, est assez simple. Peter, organisateur de soirées underground noyé dans un quotidien de sexe, drogues et nuits sans fin, découvre du jour au lendemain qu’il a un fils de dix ans. Sa mère étant décédée, cet éternel fêtard est alors forcé d’accueillir le jeune Arlo dans une vie qui n’a, jusqu’à présent, jamais connu la stabilité.


Mais dans son cheminement, Club Kid ne cherche jamais le drame facile. Là où il surprend, c’est dans son immense bienveillance. Devenu père malgré lui, Peter ralentit progressivement sa cadence, moins d’excès, moins d’autodestruction, non pas parce qu’il devient soudainement un héros modèle, mais parce qu’un lien sincère naît peu à peu. Et la relation père-fils devient le véritable carburant.


Arlo (interprété par Reggie Absolom, épatant pour son jeune âge) déjà marqué par une enfance chaotique, impressionne par sa maturité et sa résilience. Petit à petit, il apprend à faire confiance. À vivre autrement. Et Peter aussi, finalement. À travers cet enfant tombé dans sa vie comme un accident, il découvre quelque chose qu’il n’avait jamais eu : un sens.


C’est ce qui rend Club Kid aussi touchant. Sous ses néons et sa bande-son frénétique se cache un film tourné vers une nouvelle forme de filiation. Mais ce n’est pas tout. L’univers queer qui entoure Peter est dépeint avec une rare justesse : une galerie de personnages drôles, fantasques, attachants, toujours prêts à dégainer une petite taquinerie ou une vanne réjouissante. Le film déborde ainsi d’énergie, de musique, de vie, nous plongeant dans une énorme fête qui cache pourtant une grande sensibilité. Et c’est justement ce contraste qui fait mouche. Car derrière cette apparence débauchée, Club Kid parle surtout de reconstruction. De famille choisie. De seconde chance.


Avec Jordan Firstman, Cara Delevingne, Diego Calva. États-Unis, 126 minutes.





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