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Cannes : Coward, le grand retour de Lukas Dhont

Après les chocs Girl, Caméra d’or à Cannes en 2018, et Close, Grand Prix en 2022, le réalisateur belge Lukas Dhont revient cette année en compétition officielle avec Coward, un drame situé pendant la Première Guerre mondiale, au centre duquel brûle une romance contrariée entre deux jeunes soldats.


Coward.
Coward © Lumière

Dans son nouveau film, la Grande Guerre est avant tout un décor. Car Coward se concentre principalement sur ces deux jeunes hommes et leurs sentiments naissants. L’un est un soldat du front ; l’autre, un artiste embarqué dans une revue itinérante chargée de remonter le moral des troupes. Peu à peu, les deux se rapprochent, fébrilement, mais sûrement. Le premier découvre ses sentiments dans un silence quasi total : taiseux, observateur, voire apeuré. Le second, fort de son assurance d’artiste, ouvre la voie.


Ce que Lukas Dhont compose avec cette matière première est d’une grande maîtrise. Dans Close, déjà, il faisait preuve d’une précision d’orfèvre dans sa mise en scène ; ici, il réitère et affine encore davantage son geste, posant une atmosphère qui épouse au plus près les émotions de ses personnages. Tout est délicat, sensible, fragile. Les regards sont omniprésents, et surtout chargés de sens.


Il filme aussi l’usure de la guerre, les chants patriotiques repris en chœur, mais également les coulisses de la revue. Les répétitions, l’installation du spectacle, tous ces détails de fabrication qui reflètent, en un sens, la construction progressive de leur relation. Et dans cette revue, les numéros sont poétiques, espiègles ; les genres s’y mélangent librement, sans codes vestimentaires définis, comme si, en ce temps-là, cela importait finalement assez peu.


Mais le plus beau, sans doute, reste le message bouleversant qui transpire du film : l’amour, coûte que coûte. Car quelle que soit l’époque, les sentiments ne connaissent jamais de frontières. Et vivre pleinement demeure, encore et toujours, une nécessité. 


Avec Valentin Campagne, Emmanuel Macchia, Jonas Wertz. Belgique/France/Pays-Bas, 120 minutes.

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