Cannes : Everytime, vivre le deuil dans un rêve éveillé
- Anaïs Bordages
- il y a 5 heures
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Amateurs d’onirisme contemplatif, le film de l'Autrichienne Sandra Wollner, sélectionné dans la section Un Certain Regard, pourrait vous plaire.

Tout se joue dans un zoom, de plusieurs minutes. Au loin, on observe des immeubles au lever du soleil. Alors que la caméra se rapproche tout lentement, on commence à distinguer les silhouettes de deux adolescents qui discutent, allongés sur le toit en fin de soirée. La jeune fille se rapproche du bord pour prendre une photo. Elle fixe la caméra. Puis, alors que le son modifie notre perspective, un accident se produit.

Il faut faire confiance à Everytime de Sandra Wollner, sélectionné à Cannes 2026 dans la section Un Certain Regard. Un ovni patient mais audacieux, qui après son démarrage un poil aride et réaliste, va progressivement gagner en ampleur et en folie. Après la mort de Jessie, sa mère, sa sœur et son ancien petit ami tentent de se reconstruire. La mère entraîne ainsi les deux jeunes dans un voyage quasi-psychanalytique à travers les montagnes escarpées de Tenerife, où tomber dans le vide est un risque permanent.
Avec une musique électro qui rappelle les sonorités de Sirat, une superbe direction artistique et une photographie à couper le souffle, l’émotion finit par surgir au moment où l’on ne s’y attend plus. Alors que le film atteint sa dernière partie, la logique semble progressivement s’échapper de la narration pour laisser place à des touches intrigantes de surnaturel, révélant une structure de plus en plus onirique et presque lynchienne... Mais on n’en dira pas plus.
Avec Birgit Minichmayr, Tristan Lopez, Lotte Shirin Keiling. Autriche/Allemagne, 123 minutes.



