Cannes : La jeunesse à l’honneur dans la sélection de la Semaine de la Critique 2026
- Léopold Vézard
- il y a 5 heures
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Après une édition 2025 qui avait récompensé l’excellent A Useful Ghost du Thaïlandais Ratchapoom Boonbunchachoke et Nino de Pauline Loquès, la Semaine de la Critique 2026 qui se déroulera du 13 au 21 mai prochain, s’annonce tout aussi prometteuse !
Les longs-métrages hors compétitions
Pour la première fois depuis sa création en 1962, la Semaine s’ouvrira avec du cinéma d’animation. Adapté d’un roman graphique intitulé In Waves, le film éponyme est le premier long-métrage de la réalisatrice franco-vietnamienne Phuong Mai Nguyen, diplômée des Gobelins. La production franco-belge s’annonce comme une histoire d'amour et de résilience face à la maladie entre deux californien·nes passionné·es de surf.

Hors-compétition seront également projetés deux drames intimes en séances spéciales. D’une part, La Frappe du réalisateur français Julien Gaspar-Oliveri. Nominé au César du meilleur court-métrage et récompensé à Séries Mania, il signe ici un premier long-métrage nerveux où Enzo et Carla, incarnés par Diego Murgia et Romane Fringeli, doivent faire face à l’angoisse du retour d’un père. D’autre part, Du fioul dans les artères, première réalisation de Pierre Le Gall qui filme l’histoire d’amour entre deux camionneurs interprétés par Alexis Manenti et Julian Świeżewski.
Finalement, ce sera au réalisateur français Félix De Givry de clôturer cette Semaine avec Adieu monde cruel, co-production franco-belge à nouveau. Co-auteur d’Arco, c’est à son tour de passer à la réalisation en mettant en scène l’histoire d’Otto, joué par Milo Machado-Graner, révélé dans Anatomie d’une chute, un jeune garçon de 14 ans qui cherche à échapper aux regards après une tentative de suicide ratée, qui l’a laissé pour mort aux yeux de tous.

Les longs-métrages en compétition
Quant aux sept films en compétition, ils rompent (relativement) avec la programmation très française des séances spéciales. Les cinéastes français n’y sont pas absents pour autant avec Marine Atlan qui présentera La Gradiva. Déjà récompensée à Berlin, Clermont et Brive, la réalisatrice construit ici un récit choral autour du voyage à Pompéi d’une classe de latin, brossant le portrait d’une génération en construction. Dans le registre du documentaire, le franco-irlandais Alexander Murphy s’intéresse à une famille nombreuse irlandaise vivant dans une caravane, le fameux Tin Castle, refuge aussi bien pour les parents que leurs dix enfants.

La suite de la sélection met tout autant à l’honneur la jeunesse, en accordant une grande part aux films sur l’adolescence. Avec Dua, la réalisatrice kosovare Blerta Basholli, récompensée à Sundance en 2021 pour son premier long-métrage, signe un deuxième long-métrage aux airs de coming-of-age dans le contexte de la guerre entre le Kosovo et la Serbie. La cinéaste Zou Jing, déjà reconnue par la Semaine de la Critique, explore aussi la question de la construction de l’identité dans La deuxième fille. Elle y dépeint la Chine de la fin du XXème siècle à travers le regard d’une jeune fille ballottée de famille en famille.

Direction ensuite le Yémen pour The Station, premier long-métrage de Sara Ishaq, cinéaste yéménite-écossaise déjà nommée aux Oscars et aux BAFTAS. Elle écrit dans son premier long-métrage de fiction une fable autour d’une station de service réservée aux femmes, ode à la sororité et à la résistance des femmes à un régime autoritaire. Pour raconter l’émancipation féminine, l’actrice espagnole Aina Clotet passe quant à elle de l’autre côté de la caméra dans Viva. Elle filme et joue la protagoniste, Nora, une femme de 40 ans, rescapée d’un cancer du sein, qui se jette à cœur perdu dans cette nouvelle vie.

Enfin, avec la même chaleur, le réalisateur mexicain Bruno Santamaría Razo adopte un regard rétrospectif sur sa propre enfance dans Seis meses en el edificio rosa con azul. Il tisse un drame autobiographique imaginé à partir de ses souvenirs de petits garçons sur la séropositivité de son père dans les années 90.



