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Cannes : The Station, la dystopie féministe de la cinéaste yéménite-écossaise Sara Ishaq

The Station.
The Station © Paradise City Sales

Dans un pays fictionnel ravagé par la guerre, les hommes sont partis au front se sacrifier, et les femmes font société comme elles le peuvent. Dans ce territoire au milieu du désert, morcelé et contrôlé par des ethnies rivales, se trouve un village. Et au milieu de ce village trône une station-essence. C’est là que vit Layal, avec son petit frère Laith. En attendant l’essence qui tarde à arriver, cette station devient un endroit de rassemblement, où les femmes s’échangent maquillage, potins ou contraceptifs secrètement. Quand la femme du Sheikh menace d’enrôler Laith dans l’armée afin de payer les dettes de Layal, cette dernière, cherchant à tout prix une solution, provoquera une série d’événements qui vont raviver des tensions enfouies et mettre en péril l’équilibre fragile de la station…


The Station.
The Station © Paradise City Sales

On pourrait situer cette dystopie féministe, premier long de la cinéaste yéménite-écossaise Sara Ishaq, quelque part entre Mad Max, Caramel de Nadine Labaki et Gorgonà d’Evi Kalogiropoulou. Combinant crise pétrolière, tensions guerrières et entraide sororale, The Station déploie un récit riche et complexe, porté par des personnages attachants et bien « dessinés ». L’originalité de la mise en scène consiste à maintenir les hommes hors champ : ils sont mentionnés, entendus, craints ou moqués, mais on ne les verra pas. Seul le jeune Laith, raillé pour son côté « efféminé », sera autorisé dans ce récit féminin pluriel. Malgré ses langueurs de rythme, qui diluent la tension et pèsent sur l’impression finale, The Station est une belle proposition, s’imprégnant d’un réel souvent cruel, pour inventer une fiction de résistance et de sororité.


Avec Manal Al-Mulaiki, Abeer Mohammed, Rashad Khaled, Saleh Al-Marshahi. Yemen/Jordanie/France/Allemagne/Pays-Bas/Norvège/Qatar, 112 minutes.

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