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Les Enfants loups, Ame & Yuki : Le film le plus tendre de Mamoru Hosoda

L’année 2026 sera Mamoru Hosoda ou ne sera pas ! Quelques mois après la sortie de Scarlet et l’éternité, voilà qu’un autre trésor du réalisateur de Belle fait sa réapparition dans nos salles : Les Enfants loups, Ame et Yuki. Tout en simplicité, le film s’impose comme une des plus tendres créations du cinéaste japonais. A redécouvrir, dans une superbe version restaurée 4K.



Pluie, neige, nature, vie. Sans grandiloquence, c’est autour de ces éléments que Hosoda construit ce troisième long-métrage, le premier réalisé au sein du studio Chizu qu’il fonde en 2011. Dans Les Enfants loups, Ame & Yuki, Hosoda nous emmène à la rencontre de Hana, une étudiante proche de la vingtaine qui s’éprend d’un de ses camarades, solitaire et mystérieux. Celui-ci, elle l’apprend bientôt, est un homme-loup, le dernier de son espèce. Vivant pleinement leur histoire d'amour, ils donnent naissance à deux enfants-loups : une fille nommée Yuki, et un garçon appelé Ame. Mais lorsque son compagnon disparaît brutalement, Hana fuit la ville avec sa famille et s’installe dans un petit village de campagne, afin de protéger le secret de ses petits.


Hana doublée par Aoi Miyazaki.
Les Enfants loups, Ame et Yuki © le parc distribution

Émotion et douceur sont au cœur de ces Enfants loups, un récit inspiré au cinéaste par l’histoire de sa propre mère. Un film d’une grande tendresse qui s’écoule doucement, réussissant souvent à se passer de mots. À des années lumières des anime trépidants et souvent bavards, Hosoda et sa coscénariste Satoko Okudera tissent une fable familiale où romantisme et fantastique ne prennent jamais le dessus sur un propos fort intime.


Hana, doublée par Aoi Miyazaki, et l'Homme loup.
Les Enfants loups, Ame et Yuki © le parc distribution

En plaçant l’intrigue de son film dans la campagne japonaise, Hosoda nous invite à découvrir ce cadre rural, mais aussi et surtout les communautés qui y vivent. Comme dans Le Garçon et la Bête, le cinéaste montre une affection particulière pour les personnages bourrus mais au grand cœur.


Les enfants sont quant à eux diablement attachants : on pourrait facilement leur décerner la palme des plus mignons marmots de l’animation japonaise du 21e siècle. De bambins attendrissants mais turbulents, Ame et Yuki évoluent au travers d’un temps qui s’écoule au gré des saisons, d’une adolescence et d’une croissance à deux vitesses: celle de l’humain et celle du loup qui les habitent. Un rythme qui donne au film une puissance supplémentaire, et une résonance universelle


Yuki et Ame, les Enfants loups, doublé.e.s respectivement par Haru Kuroki et Yukito Nishii.
Les Enfants loups, Ame et Yuki © le parc distribution

Visuellement, cette traversée du temps entre pluie, neige et nature verdoyante distille une nostalgie d’une grande beauté. L’énergie des jeunes offre quant à elle la possibilité de belles envolées lyriques, sans pour autant se départir de cette retenue qui fait toute la force du film. Une finesse que l’on retrouve également dans la composition de Takagi Masakatsu, qui collaborera d’ailleurs avec Hosoda sur ses deux prochains films. 


Ce qui frappe à la sortie de ces Enfants loups, c’est l’impression d’avoir découvert une autre facette de Hosoda. Plus sobre, plus intime, qui rappelle à plus d’un titre Souvenirs goutte à goutte, dans sa nostalgie et dans sa force. Une ode à la douceur, à la famille et aux petits instants, que l’on chérit toute une vie.


Avec les voix de Aoi Miyazaki, Haru Kuroki, Yukito Nishii. Japon, 117 minutes.



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