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The Choral : Le portrait nuancé d'une société en guerre

Le cinéma britannique a l’art de mettre en scène l’histoire du Royaume-Uni parfois avec un peu trop de légèreté. Ce n’est pas le cas de The Choral, du réalisateur Nicholas Hytner, qui tient plus du récit doux-amer.


Ralph Fiennes dans The Choral
The Choral de Nicholas Hytner © Cherry Pickers

Il croque une petite ville du Yorkshire au milieu de la Première Guerre mondiale, tiraillée entre le patriotisme de rigueur et l’horreur des disparitions qui s’accumulent. Prenant comme fil rouge la reconstitution d’une chorale, le film s’intéresse à celleux qui sont encore là – les autorités vieillissantes, les jeunes bientôt conscrits, les femmes qui ont dû reprendre presque entièrement le fonctionnement de l’économie – et ceux qui sont revenus – les blessés et les estropiés, héros sans gloire et qu’on préfère ne pas trop mettre en avant. Le Dr Henry Guthrie, interprété par un Ralph Fiennes toujours excellent, athée, germanophile et amoureux d’un soldat de la marine « ennemie », est censé diriger cette chorale composite.


Ralph Fiennes dans The Choral
The Choral de Nicholas Hytner © Cherry Pickers

Le long-métrage parvient à rendre justice à ses dizaines de personnages en composant avec justesse une trame narrative entremêlée. Les individus possèdent des trajectoires propres et sont bien caractérisés ; mais iels se révèlent vraiment dans leur participation à la chorale et dans les scènes collectives de préparations et de représentations. Partant d’une multitude disparate, le film réussit à la faire chanter en chœur. Regrettons simplement une écriture des romances un peu trop brute.


La musique a bien entendu une place centrale et il est agréable de mettre en avant un compositeur moins connu comme Edward Elgar, moins maintream que nombreuses figures classiques comme Bach ou Mozart. Hytner n’hésite d’ailleurs pas à faire parfois preuve de férocité, comme lorsqu’un tribunal local doit juger un objecteur de conscience ou quand Elgar lui-même fait une apparition pas vraiment honorable. The Choral brosse un portrait tout en nuance de douceurs et de cicatrices, représentant justement les affres d’une société en guerre. 



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