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Pierre Niney en coach de développement dans Gourou : “Mon personnage vend du rêve et un idéal aux gens”

En salles cette semaine : Gourou, un thriller psychologique français réalisé par Yann Gozlan avec Pierre Niney dans le rôle d'un coach charismatique basculant peu à peu dans des dérives sectaires...


© Jérôme Prébois
© Jérôme Prébois

Dans ‘Gourou’ vous jouez Coach Matt, un expert en développement personnel suivi par des milliers d’adeptes. D'où est venue l'envie d'explorer ce métier parfois sujet aux dérives ?


Pierre Niney : J’avais envie de faire un film sur les orateurs et la capacité de certains d'entre eux à convaincre, à persuader et à transcender les foules. L'univers du coaching est arrivé naturellement. Ces coachs se multiplient et nous apprennent comment manger, comment faire du sport, comment être millionnaire. J'ai beaucoup observé les coachs américains, mais aussi en France. Il y a une syntaxe bien particulière, construite sur une forme d'empathie doublée d'une responsabilisation individuelle. Il y a le détournement d'outils comme les neurosciences. On voit par exemple Coach Matt dire à ses adeptes comment s'y prendre pour reprogrammer leurs cerveaux et ne pas céder à l'appel de la dopamine. Et puis il y a le langage corporel sur scène, pendant les séminaires. Une énergie débordante pour séduire le public dans une mise en scène performative, magnifiée par l'utilisation du son et de la lumière, et qui donne l'impression de voir un showman. Je me suis dit qu'on tenait un sujet à la fois sociétal et cinématographique.

 

Le film a-t-il bénéficié du conseil de véritables coachs ?


On a fait appel à la créatrice d'un podcast qui analysé les dérives des coachings, et les dérives sectaires en général ('Meta de Choc' par Elisabeth Feytit, NDLR). Elle a relu et nourri le scénario, avec une condition. Il fallait que le coach du film soit convaincu qu'il aide réellement les gens. Tant mieux car c'était l'idée première de Yann, qui n'a jamais voulu faire Matt un cynique. Il est sincèrement persuadé qu'il arrive à aider ses adeptes. On pourrait même argumenter qu'il fait du bien à la majorité des gens qui l'écoutent. 


© Jérôme Prébois
© Jérôme Prébois

Y a-t-il une comparaison à aller chercher entre l’égo de ces leaders charismatiques et celui des acteurs ?


Matt est un showman jouant avec son image, c'est indéniable ! Et ces métiers d'images passent bien au cinéma parce qu'on ouvre la question de ce qu'on décide de montrer et de ce qu'on garde pour soi. Et l'être humain est toujours excité à l'idée qu'on puisse lui cacher quelque chose. Je crois que c'est pour cela que les films sur les acteurs, les présentateurs télé, les politiciens sont si bien faits. Avec un expert-comptable, on perdrait cette notion de vitrine et de coulisses. Et je l’admets volontiers, j'ai adoré tourner les scènes de séminaire ! J'ai commencé au théâtre et, en tournant ces séquences, j'ai eu le sentiment de remonter sur scène. La plus belle surprise, c'est que je m'attendais à faire des shows tout seul, mais non ! Je jouais vraiment avec les cinq cents figurants qui ont joué le jeu à six mille pour cent, jusqu'à se mettre en transe. En vrai, ça m'a parfois lessivé. C'est un des rôles les plus physiques que j'ai faits. 


Pourquoi avoir mis tant d’emphase sur l’entrainement physique de Coach Matt ? On vous voit par exemple prendre des bains de glace à l'image de certains athlètes…


Matt vend du rêve et un certain idéal aux gens. Il fallait donc qu'il ait une vitrine attirante et séduisante. Pour préparer le rôle, j'ai été à la salle pour me muscler et travailler mon cardio, ce qui m'a aussi aidé pour les scènes de séminaires qui sont de vraies performances. C'était intense mais j'aime justement bien découvrir un personnage par la porte du physique. On intellectualise un peu moins, et on sort plus facilement de sa tête. Après, je vous cache pas que les bains de glace qu'on voit dans le film étaient pas si froids que ça. La glace, au bout d'un moment, ça fond. Et comme Yann aime multiplier les prises...



Gourou de Yann Gozlan. Avec Pierre Niney, Marion Barbeau, Anthony Bajon, Christophe Montenez. Durée : 2h06. En salles ce mercredi 28 janvier.


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