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Romeria : Un (auto)portrait touchant par la cinéaste espagnole Carla Simón


Suite au décès de ses parents quand elle était enfant, Carla Simón est adoptée. Dans son premier film Été 93, elle racontait ce passage d’une famille à une autre à hauteur d’enfant. Romeria reprend cette trame autobiographique avec l’histoire de Marina, 18 ans, qui le temps d’un été dans les années 2000, se rend en Galicie sur les traces de ses défunts parents.


Un voyage qu’elle immortalise grâce à sa caméra (elle veut étudier le cinéma), et guidé par la voix off de sa mère, dont Marina a conservé les journaux intimes. Auprès de sa famille biologique, la jeune fille mène l’enquête, tentant de démêler le vrai du faux. Elle se heurte à la pudeur d’une certaine bourgeoisie qui a tendance à enfouir certaines choses sous le tapis…


Llúcia Garcia dans Romeria.
Romeria © Cherry Pickers

Structuré en chapitres, Romeria mélange l’espagnol, le galicien et le catalan, accompagnée par les mélodies de la Movida espagnole. Les couleurs sont vives, les plans sont larges, et la mer s’y déploie dans toute sa splendeur, faisant remonter les souvenirs. Là où Été 93 et Alcarràs (Ours d’or à Berlin en 2022) étaient d’un naturalisme quasi documentaire, Simón assume ici une dimension romanesque, où l’imaginaire vient combler les parts de mystère.


La scène où Marina « trouve » ses parents est un moment de cinéma puissant : chez Simón, la fiction parle là où la réalité se tait. À travers ce pèlerinage à la fois intime et festif (‘romeria’ signifie pèlerinage, et en Galicie, fête de village), Simón compose un (auto) portrait tendre et puissant d’une jeune femme qui apprend à découvrir qui elle est – et qui elle veut devenir.



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