The Bride! : La mariée de Frankenstein reprend le pouvoir
- Constant Carbonnelle
- il y a 22 minutes
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Aujourd’hui tout le monde connaît Frankenstein. Le roman de Mary Shelley a nourri des dizaines d’adaptations, des classiques d’Universal aux relectures contemporaines — récemment encore, Guillermo del Toro s’y est attaqué. Mais avec The Bride!, l'actrice et réalisatrice Maggie Gyllenhaal (The Lost Daughter) ne signe pas un simple hommage : elle dynamite La Fiancée de Frankenstein, classique du cinéma d'horreur de 1935, en le réinventant à sa façon.

D’ailleurs, dès les premières images, le ton est donné. Mary Shelley apparaît à l’écran, et annonce : « Voici l’histoire que j’ai toujours voulu écrire. » Une déclaration d’intention qui pose les bases d’un film libre, brut et, évidemment, contemporain.
L’intrigue nous transporte alors en 1936. La créature de Frankenstein (Christian Bale) débarque à Boston avec une obsession : ne plus être seul. Il convainc le docteur Euphronious (formidable Annette Bening) de lui créer une compagne. Et ensemble, ils exhument le corps d’Ida (Jessie Buckley), assassinée par les hommes d’un chef mafieux. Mais lorsqu’elle revient à la vie, elle a du mal à se souvenir de son passé et refuse d’être un simple fantasme conçu pour combler le vide d’un homme.

Très vite, le récit s’éloigne de la romance gothique que l’on connaît et se transforme en une cavale électrique : meurtres, désir, violence et tensions sociales s’entrechoquent. Traqués par la police et la mafia, les deux amants deviennent des figures hors normes, rejetées par une société incapable d’accepter ce qu’elle ne comprend pas.
Les références sont assumées — de Roméo et Juliette à Bonnie and Clyde, jusqu’à l’énergie anarchique du duo Joker/Harley Quinn. Mais loin du simple clin d’œil, Maggie Gyllenhaal injecte une dimension féministe affirmée : sa fiancée se réapproprie son corps, sa parole et son destin. Elle ne veut pas être créée pour aimer, elle choisit comment aimer.

La mise en scène, musicale et légèrement punk, épouse cette rébellion. Et si l’accumulation de références donne parfois une impression de déjà-vu, l’audace visuelle et l’intensité des interprètes (Jessie Buckley en tête) emportent l’adhésion.
The Bride! n’est donc pas une adaptation sage. C’est une déclaration d’indépendance. Une relecture fiévreuse d’un mythe que l’on croyait figé, et qui retrouve ici une énergie furieusement vivante. De quoi donner envie de redécouvrir Frankenstein sous un angle inattendu.
Avec Jessie Buckley, Christian Bale, Annette Bening. 126 minutes. États-Unis.


