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The Plague: La peste comme métaphore du harcèlement

il y a 6 heures
2 min de lecture

Récompensé du Grand Prix au dernier Festival de Deauville, The Plague est une plongée lugubre dans les mécanismes du harcèlement adolescent.  


De Deep End à Naissance des pieuvres, en passant par It Follows, la piscine a toujours été un territoire propice à l’exploration de la puberté au cinéma. Dans les bassins municipaux, à l’écart du monde extérieur, les corps se découvrent (dans tous les sens du terme), tandis que germent les premières ébauches du désir. Mais la piscine est également un lieu de compétition, de jalousie, où les dynamiques de groupe deviennent encore plus ostentatoires qu’ailleurs. C’est le cas dans The Plague, premier essai troublant et remarqué du cinéaste Charlie Polinger.


The Plague ©18KFILM
The Plague ©18KFILM

Lorsque Ben arrive à son stage de water-polo, il n’a ni ami ni ennemi. Tout reste à faire pour ce garçon un peu timide, complexé par quelques défauts d’élocution, qui souhaite avant tout s’intégrer à la communauté. Très vite, il constate qu’une ambiance anxiogène règne dans l’équipe : les jeunes adolescents sont terrifiés à l’idée d’attraper “la peste”, une infection de la peau dont souffrirait Eli, un garçon asocial violenté par le groupe.


The Plague ©18KFILM
The Plague ©18KFILM

Qu’elle soit fantasmée ou non, la “peste” contamine toute la mise en image du récit, qui emprunte largement au cinéma d’épouvante. Sous la caméra de Polinger, le complexe aquatique se mue en une sorte de pénitencier glauque, quadrillé de lignes horizontales - les séparateurs dans le bassin, les longs corridors sombres menant aux douches -  et verticales - les casiers, les châssis géométriques du bâtiment. La musique vénéneuse de Johan Lenox s’ajoute à des moments de nage et de sport a priori banals, comme pour en souligner la tension sous-jacente. Quant à la maladie d’Eli, elle cultive un body-horror paranoïaque et viscéral, dont la nature fantastique reste à déterminer.


The Plague ©18KFILM
The Plague ©18KFILM

La peste comme métaphore organique et visuelle du harcèlement, la symbolique est évidente, peut-être un peu trop. Un défaut symptomatique d’un film qui privilégie la fascination des images à la finesse d’un regard sociologique, quitte à ne rien apporter de vraiment neuf à son sujet. La conclusion de The Plague a néanmoins le mérite d’illustrer avec habilité un adage sinistre mais hélas bien réel. À l’adolescence, il n’existe que deux positions sociales : harcelé, ou harceleur.



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