2025 : Une année mi-figue mi-raisin pour le cinéma belge
- Adrien Corbeel

- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

Comme chaque année, le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel dévoile son bilan. Au programme : des chiffres, beaucoup de chiffres, mais qui nous permettent de mieux saisir les enjeux du monde du cinéma belge francophone. Comme le note Thierry Vandersanden, directeur par intérim du Centre, ces derniers mois ont vu le cinéma belge secoué par plusieurs faillites, comme celle d’Iota Production mais aussi de Belga Films, et dans son sillage le White Cinema. Dans ce contexte, la baisse de fréquentation dans les salles pour le cinéma belge en 2025 ressemble à un signal négatif de plus. Mais il est important de relativiser : les chiffres ont baissé par rapport à 2024, mais l’année 2024 fut exceptionnellement bonne, poussée notamment par les succès de TKT et La Nuit se traîne. L’année 2025 fut, en comparaison des précédentes années, une belle période, avec en tête le succès de Jeunes mères en Belgique (44 094 entrées) comme en France (154 627). Des chiffres qui concordent assez bien avec ceux récoltés par les films d’auteurs habituellement en Belgique, comme Un simple accident, Palme d’Or 2025. C’est un bilan riche en contraste qui a été présenté ce 2 avril. D’un côté, la réalité d’un budget qui diminue : le montant global des aides à la création octroyées sur avis de la Commission du Cinéma a par exemple été revu à la baisse, avec 12,3 millions en 2025 contre 13,2 millions en 2024, alors même que de plus en plus de demandes d’aides à la créations sont déposées et examinées. De l’autre un vrai plébiscite, où les films belges (majoritaire ou non) comme Reflet dans un diamant mort et On vous croit circulent de pays en pays, enregistrant un nombre record de nominations dans les festivals. Les films de la Fédération Wallonie Bruxelles ont été sélectionnés 2007 fois en 2025.

A la chasse aux bonnes nouvelles dans ce contexte compliqué, on peut notamment s’attarder sur les chiffres hommes/femmes, là aussi contrastés : la répartition genrée du budget des aides à la production, tous créneaux confondus, indique une proportion de 41 % pour les réalisatrices et 59 % pour les réalisateurs, une diminution par rapport à l’année dernière, mais qui s’explique par la diminution du nombre de projets soutenus. Le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel le souligne : les femmes ont des taux de sélection plus élevés, et donc des projets plus régulièrement sélectionnés que ceux des réalisateurs.
Acteur essentiel dans l'écosystème du cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel a également continué à œuvrer à la diversification de la production avec le soutien apporté à 4 productions légères.



