top of page

Hokum : Le parfait bonbon horrifique de l’été

Adam Scott arpente un hôtel glauque perdu au fond de la forêt dans ce nouveau film d’épouvante qui emprunte à Stephen King et au folklore irlandais. 



Il y a quelque chose de malicieux, voire un peu dépréciatif, à nommer son film d’horreur “Hokum”, soit littéralement “balivernes” ou “foutaises” en argot anglais. Une expression utilisée à plusieurs reprises par le protagoniste, très rationnel, lorsque les autres personnages tentent de le convaincre de l’existence de phénomènes surnaturels. Un titre qui donne un indice sur la tonalité plutôt joueuse de ce nouveau film de Demian McCarthy, jusqu’ici réputé pour les très sombres Caveat et Oddity.


Hokum.
Hokum © 18K Film

Hokum raconte le périple de Ohm (Adam Scott), un écrivain goguenard et dépressif, qui se rend dans la campagne irlandaise pour déverser les cendres de ses parents. L’ambiance du vieil hôtel où il réside s’accorde bien avec sa mission : lugubre, isolé dans les bois, il  règne dans l’établissement une étrange atmosphère de croyance et de mysticisme.


Là-bas, après une soirée alcoolisée, il fait une tentative de suicide. Sauvé de la mort par Fiona, serveuse de l’hôtel, Ohm tente de la remercier après une longue convalescence, mais découvre que celle-ci a mystérieusement disparu dès le lendemain de son sauvetage. Quelqu’un lui aurait-il fait du mal ? Cela a-t-il un lien avec la mort des parents d’Ohm et sa volonté de mettre fin à ses jours ? Ou plutôt à ces entêtantes rumeurs de sorcière, qui hanterait une chambre condamnée ? Dans tous les cas, Ohm avance avec une certitude : Fiona est encore ici, cachée quelque part entre les murs décrépis de l’hôtel.


Hokum.
Hokum © 18K Film

Un synopsis qui reprend finalement plusieurs marottes privilégiées du cinéma fantastique et de l'œuvre de Stephen King : la forêt, l’écrivain, le mystère, la sorcière, etc. C’est d’ailleurs la limite principale d’Hokum, dont le récit multiplie les motifs et les sous-intrigues, sans toutefois parvenir à les articuler avec cohérence - c’est notamment le cas du traumatisme infantile du héros, ajout dispensable à une mythologie déjà bien fournie. Mais paradoxalement, cette accumulation un peu vorace de thèmes et d’effets fait aussi le charme d’Hokum, dont la nature de parfait train-fantôme s’affirme davantage à chaque scène.


Hokum.
Hokum © 18K Film

Caveat et Oddity étaient plutôt effrayants mais souffraient parfois de leur manque de moyens, chacun ayant été réalisé pour moins d’un million. Avec Hokum, McCarthy possède pour la première fois un budget raisonnable et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela se voit à l’écran. Avec sa direction artistique superbement décatie, sa science du suspense et sa pléthore d’apparitions monstrueuses, Hokum s’impose sans mal comme l’opus le plus généreux du cinéaste, malgré quelques recours abusifs aux jumpscares.


La galerie de personnages aussi inhospitaliers que grotesques donne quant à elle une subtile couche d’humour noir à l’ensemble. De quoi faire d’Hokum le parfait bonbon horrifique de l’été, qui devrait ravir tous·tes les amateur·ices de folklore méconnu, de sorcières, et de grooms d’hôtel trop souriant pour être honnêtes.



bottom of page