Série B, dystopie et plongée sous-marine : James Cameron en trois films méconnus
- Léopold Vézard
- il y a 2 jours
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Bien avant de dominer les box-offices mondiaux avec Titanic (1997) et Avatar (2009), James Cameron a fait ses armes dans le cinéma en passant d’un poste à un autre. À l’occasion de la rétrospective qui lui est consacrée par la Cinematek, retour sur trois œuvres moins connues de sa carrière.

La Galaxie de la terreur (1981)
Une équipe de sauvetage qui s'échoue sur une planète hostile, des créatures extra-terrestres hostiles… Une intrigue qui ressemble étrangement à celle d'Aliens, le retour (1986). Ni hasard, ni coïncidence : les deux films sont liés par James Cameron. Cinq ans avant de réaliser le deuxième volet de la saga au xénomorphe, il est ici directeur artistique, sous la direction du réalisateur Bruce D. Clark et du producteur Roger Corman, pape de la série B.
Le jeune Canadien connaît bien les budgets limités. De son premier court-métrage aux Mercenaires de l'espace (1980), transposition spatiale fauchée de Kurosawa, il a souvent dû composer avec. La Galaxie de la terreur ne fait pas exception : à défaut de moyens, Cameron compense par une inventivité folle, faisant émerger un univers convaincant parsemé d'effets spéciaux. Pépite du cinéma bis, témoin d'une époque où l'on faisait des films à tout prix (faible si possible), ce long-métrage scelle aussi sa rencontre avec des passionnés talentueux qui l'accompagneront sur Terminator (1984) puis Aliens – dont les grandes lignes se dessinaient déjà dans ce nanar galactique.
À (re)découvrir à la Cinematek le 24 avril 2026.

Abyss (1989)
Après ses explorations spatiales réussies, James Cameron décide de plonger dans les profondeurs de l’océan pour son prochain film. Il y met en scène une équipe de plongeurs aguerris chargés de retrouver un sous-marin nucléaire qui s’est mystérieusement échoué au fond de l’Atlantique. Pour mettre en boîte son thriller de science-fiction en haute profondeur, il repousse les limites : une centrale nucléaire en construction immergée, des images de synthèse aquatiques révolutionnaires, des caméras sous-marine inventées pour l’occasion. Et malheureusement, des comédien·nes poussé·es à bout.
Mais son premier blockbuster ne rencontre pas le succès escompté, malgré un bon accueil critique. Car Abyss est un petit chef-d’œuvre de science-fiction en plus d’être une prouesse technique. Spectacle à la fois personnel et monumental, mettant au service d’une histoire profondément humaine le grandiose d’effets spéciaux avant-gardistes, il reste pourtant assez méconnu, occulté par le reste d’une filmographie culte, et un certain Titanic (1997), seconde superproduction marine du réalisateur.
À (re)découvrir à la Cinematek les 10 et 13 mai 2026.

Strange Days (1995)
À l’aube de l’an 2000, un ancien flic devenu dealer d’images cérébrales (Ralph Fiennes) permet à quiconque de revivre la vie d’autrui. Ici, James Cameron se contente d’écrire et de produire. Comme pour Point Break (1991), c’est Kathryn Bigelow, également co-autrice, qui réalise. Pourtant, après les déconvenues de Piranha 2 (1981) et Rambo II (1985), le cinéaste ne jure plus que par la liberté totale d'écrire et de réaliser lui-même. Strange Days est l’une de ces rares exceptions où le cinéaste accepte de n’être que scénariste et laisse les rênes à la réalisatrice, tandis qu’il se concentre sur son prochain blockbuster, True Lies (1994). Et tant mieux.
Profondément empreint de thèmes chers au Canadien, le film est bien différent de ses propres réalisations, plus sombre et transgressif. À la croisée du film noir et du cyberpunk, Bigelow signe une œuvre singulière jouant du montage et des effets visuels pour embarquer le spectateur dans un trip cinématographique. Strange Days s'impose comme une curiosité : un film un brin cameronien, où la noirceur se glisse dans les interstices d'un récit que le maître du blockbuster n'a pas filmé lui-même.
À (re)découvrir à la Cinematek le 24 mai 2026.
Tous les films cités seront projetés à la Cinematek entre le 20 avril et le 30 mai 2026.



