Scream 7 : Gaché menu
- Simon Lionnet
- 25 févr.
- 3 min de lecture

Réanimée au forceps en 2020 pour se moquer (gentiment) du retour opportuniste de vieilles franchises sur les écrans, la saga horrifique créée par feu Wes Craven tente une nouvelle fois de titiller les amateurs nostalgiques de slasher à l’ancienne après un sixième épisode qui abandonnait l’aspect méta caractéristique des jeux de massacre de Ghostface. Un coup de poignard dans la moelle épinière d’une série qui trouvait son intérêt dans la dissection des codes du genre tout en charcutant l’industrie hollywoodienne dans un bain de sang jubilatoire.
Après deux opus ayant faits leur possible pour passer le flambeau à une nouvelle génération d’acteur.ices, la saga Scream s’est hara-kiri (sans restaurer son honneur) en retirant de la production son actrice principale, Melissa Barrera, pour avoir osé comparer la situation à Gaza à un génocide. Combiné au départ de Jenna Ortega (Mercredi), à l’abandon de poste du réalisateur Christopher Landon en cours de route - menacé de morts suite à l’éviction de Barrera - et, cerise sur le couteau, une grève des scénaristes historique, Scream 7 semblait se diriger tout droit vers le cercueil. Mais ça, c’est inconcevable pour Skydance après un Scream 6 ayant récolté plus de 160 millions de dollars au box-office, un record.

Alors que reste-t-il à raconter après avoir entaché l’image de la saga et saboté les maigres intentions de son retour tardif ? Pour répondre (ou non) à cette question, Kevin Williamson - scénariste du premier épisode, de son excellente suite et de Scream 4 - est parachuté en gage de qualité pour sauver les meubles in extremis en acceptant la réalisation de ce septième opus, Neve Campbell renfile le costume de la final girl Sydney Prescott et on repart à Woodsboro pour convoquer les fantômes du passé.
Back to basics, comme dirait l’autre. Mais pas trop non plus. Si Williamson assume un retour aux sources en rappelant (pour le pire plutôt que le meilleur) la majorité de ses têtes connues, il vide Scream de toute sa substance avec un premier degré que la saga ne s’était encore jamais permise auparavant. N’ayant rien à raconter sur le genre dont il est issu, Scream 7 reprend paresseusement la formule utilisée par David Gordon Green dans ses suites d’Halloween en remettant au centre la scream queen originelle pour parler timidement de la transmission des traumatismes d’une génération à une autre, ici via sa fille Tatum (interprétée par Isabel May). Et c’est à peu près tout. Çà et là, Williamson aborde la passion morbide autour des true crimes et l’avènement de l’IA générative, mais ne débouche jamais sur une début de réflexion intéressante. Pire, rien dans sa mise en scène n’est mis au service de ce qui aurait pu apporter à ce récit déjà-vu un semblant d’inventivité.
Scream 7 se retrouve à enchaîner tristement les mises à mort de seconds rôles fonctions, avec une récitation de tous les effets horrifiques les plus éculés, pour se terminer sur la résolution de whodunit abracadabrantesque de médiocrité. On mentionnera également sa malhonnêteté crasse qui le pousse à faire totalement abstraction des personnages de Barrera et d’Ortega dont on n’explique jamais les raisons de l’absence, malgré le retour des survivants des épisodes précédents. Une entreprise cynique, fanée et au vide abyssal qui remue le couteau dans la plaie d’une saga qu’on aurait dû laisser dans les cartons depuis longtemps.



