Cinq attentes pour cette fin d'année
- Léopold Vézard
- il y a 3 jours
- 4 min de lecture
Alors qu’il ne reste que six mois avant que l’année ne s’achève, coup de projecteurs sur quelques-uns des films les plus attendus qui s’apprêtent à débarquer dans nos salles.

Notre Salut d’Emmanuel Marre
La 79e édition du Festival de Cannes est bien finie, et les long-métrages qui s’y sont illustrés commencent progressivement à sortir en salles. Parmi toutes les œuvres qui ont marquées la Croisette, difficile de choisir tant beaucoup sont porteurs de grandes promesses, à l’image de Teenage Sex and Death at Camp Miasma (sortie le 19 août), La Gradiva (sortie le 11 novembre) et évidemment la Palme d’Or Fjord (sortie le 25 novembre). Mais parmi les échos cannois, un film se démarque : Notre Salut du réalisateur Emmanuel Marre.
Coproduction franco-belge, le film traite à travers le personnage d’Henri, petit fonctionnaire incarné par Swann Arlaud, la collaboration du régime de Vichy avec l’Allemagne nazie. Si le sujet pourrait sembler classique tant il y a profusion de films sur la Seconde Guerre mondiale ces temps-ci, c’est dans la manière de le raconter que le film s’annonce unique. Les retours cannois dessinent les traits d’un “The Office à Vichy” aussi drôle que redoutablement efficace dans la critique des mécanismes ordinaires et pourtant si atroces qu’il dépeint. Et en attendant notre critique, vous pouvez déjà découvrir notre interview avec Emmanuel Marre et Swann Arlaud.
À découvrir en salles à partir du 30 septembre.
Avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke. France/Belgique, 155 minutes.

Digger d’Alejandro González Iñárritu
Au même moment, un autre film, encore plus ancré dans l’actualité politique du moment. On y suivra l’homme le plus puissant de la planète cherchant désespérément à persuader le monde entier qu’il est le sauveur de l’humanité, avant que les désastres dont il est à l’origine ne se déchaînent. Toute ressemblance avec un personnage bien réel semble être totalement fortuite. Toujours est-il qu’avec cette amorce, on peut déjà imaginer qu’Iñárritu n’a rien perdu du cynisme noir qui ponctue toute sa filmographie, d’Amours chiennes à Birdman en passant par Biutiful ou The Revenant.
Pour incarner le rôle principal, le cinéaste est parvenu à extirper Tom Cruise des franchises Mission Impossible et Top Gun, qui l'occupaient depuis près de quinze ans. Et pour l'accompagner, un casting de choix : Jesse Plemons (Breaking Bad, Bugonia), Sandra Hüller (Anatomie d’une chute, La Zone d’intérêt), Riz Ahmed (We Are Four Lions, Sound of metal). Des noms et des moyens, tout semble réuni pour une comédie noire “aux dimensions catastrophiques” qui - on l’espère - sera à la hauteur des attentes.
À découvrir en salles à partir du 30 septembre.
Avec Tom Cruise, Jesse Plemons, Sandra Hüller, Riz Ahmed. États-Unis/Royaume-Uni/Mexique.

The Social Reckoning d’Aaron Sorkin
Toujours du côté d’Hollywood, une suite occupe également beaucoup d’esprits. Rien de nouveau sous le soleil californien, l’industrie cinématographique américaine est coutumière des sagas lancées au moindre succès. Mais pour les derniers mois de 2026, en plus des très attendus Dune 3 et Avengers : Doomsday (sorties le 16 décembre), nous aurons aussi le droit à un prolongement de The Social Network.
Intitulé The Social Reckoning, le film n’est pas vendu comme une suite pure et dure du long-métrage multi-oscarisé de David Fincher. À la barre nous retrouvons Aaron Sorkin, scénariste du premier film qui reprend ici sa plume pour raconter l’affaire des Facebook Leaks, qui révéla que l’entreprise connaissait les effets néfastes de ses plateformes mais préféraient augmenter ses profits plutôt que de les résoudre. Le scénariste passe aussi derrière la caméra, Fincher étant pris par Les Aventures de Cliff Booth (sortie en novembre). Au casting, Jeremy Strong prend le rôle de Zuckerberg, et sera entouré de Mikey Madison et Jeremy Allen White. De quoi attiser les attentes et les inquiétudes, car après The Social Network, la marche est haute et les exigences tout autant.
À découvrir en salles à partir du 7 octobre.
Avec Mikey Madison, Jeremy Allen White, Jeremy Strong. États-Unis.

Wild Horse Nine de Martin McDonagh
Outre manche, le réalisateur Martin McDonagh fait son retour avec un récit centré sur l’amitié entre deux hommes coincés sur une île, non sans rappeler son précédent film Les Banshees d’Inisherin. Mais ici, la guerre civile irlandaise est loin, puisque le récit prend place en 1973 sur l’île de Pâques où sont envoyés deux agents de la CIA quelques jours avant le coup d’État de Pinochet, activement soutenu par les services secrets américains.
Ce qui ressemble à une pause paradisiaque pour les deux hommes est chamboulé lorsque l’un des deux agents commence à se lier à deux étudiant·es révolté·es par la tournure des évènements sur le continent. Le cinéaste britannico-irlandais semble revenir à une formule qui a fait le succès de ses débuts, mettant en scène un duo - constitué ici de John Malkovich et Sam Rockwell - confronté au poids de leurs actes à la manière d’un Bons baisers de Bruges. Après deux long-métrages plus dramatiques, le cinéaste retrouve donc un registre plus comique, sans pour autant abandonner la verve critique de son œuvre.
À découvrir en salles à partir du 6 novembre 2026.
Avec John Malkovich, Sam Rockwell, Steve Buscemi. États-Unis, Royaume-Uni.

Ray Gunn de Brad Bird
Pour les fêtes de fin d’année, il faut filer du côté de l'animation avec le nouveau long-métrage de Brad Bird, le père du Géant de fer, des Indestructibles et de Ratatouille. Le réalisateur a quitté Pixar au profit de Netflix qui a mis les bouchées doubles pour le convaincre en lui offrant les moyens de réaliser un projet qu’il gardait dans ses cartons depuis plus de trente ans. Seule ombre au tableau, Ray Gunn risque d’être confiné à la plateforme, sans passer en salles.
Quelques minutes ont été présentées au Festival d'Annecy, qui se déroule actuellement, et les retours sont élogieux, confirmant ce que la simple annonce laissait entrevoir. Ray Gunn nous plongera dans un univers de science fiction néo-noir, aux côtés d'un détective humain en perdition, qui voit une enquête banale le mener bien plus loin qu’il ne l’imaginait, en somme un film qui s'inscrit dans les codes des genres qui le nourrissent. Mais nous pourrons sûrement compter sur la capacité de Brad Bird à surprendre son public.
À découvrir sur Netflix à partir du 18 décembre.
Avec les voix de Sam Rockwell, Scarlett Johansson, Tom Waits. États-Unis.



