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Super Mario Galaxy : Néant narratif dans une galaxie des possibles

Trois ans après Super Mario, premier du nom, Super Mario Galaxy déboule sur les écrans du monde entier avec la vitesse d'un kart surboosté. Un second volet aux curseurs poussés tous azimuts, célébrant par la même occasion les 40 ans du personnage iconique de Nintendo. Mais une fois la tornade de couleurs, l'apothéose d'effets et l'avalanche de caméos passées, que reste-t-il de cette galaxie des possibles? La réponse est simple: un véritable amas de néants narratifs. 


Super Mario Galaxy
© Universal BE

Il faut souligner d'emblée que dans ce domaine, les attentes n'étaient pas élevées. Autant le travail des studios Illumination s'était déjà avéré impressionnant sur le premier volet animé des aventures de Mario et Luigi, autant la profondeur du récit restait assez limitée. En se jouant malgré tout d'une franchise aux personnages archétypaux, Super Mario Bros, Le film réussissait à rendre ludique l'enchaînement rocambolesque des péripéties de son héros Mario, même s'il en oubliait au passage tous les autres personnages. Dans ce second opus, le déséquilibre s'accentue, même si Bowser Jr. fait un ennemi nerveux, et qu'Harmonie (incarnée Par Brie Larson en VO) apporte, trop brièvement, un peu de féminité empouvoirante à cet univers désespérément masculin. 


Harmonie dans Super Mario Galaxy
© Universal BE

Mario et… Qui déjà ? 


Un déséquilibre encore plus flagrant lorsque l'on se penche sur le personnage de Luigi lui-même, “frère-valoir” de Mario dans le premier volet, tout juste bon à se laisser porter par des poncifs histoire d'offrir un contrepoint à l'ascension inévitable du frangin. Attendrissant? Pas tant. 


Dans Galaxy, la fuite en avant se poursuit. Luigi, entre sidekick comique et faire-valoir inutile, devient ici véhicule d'un humour lourdingue voire profondément daté. Ce qui le rend, au-delà d'insipide, proprement agaçant. Et ce n'est pas l'arrivée de Yoshi, transformant le duo en trio, qui va équilibrer la balance. Au-delà d'un premier effet de surprise, l'ajout reste anecdotique et le personnage, qui semble suivre ses propres règles (à peine comprises par les scénaristes eux-mêmes), n'apporte somme toute qu'un élément mineur de plus au film. 


Yoshi et Toad dans Super Mario Galaxy
© Universal BE

Troubles de l'attention 


Des éléments qui apparaissent et disparaissent avec la même rapidité, tant Galaxy semble terrifié à l'idée de perdre l'attention fugace de son public. En résulte un rythme effréné, que l'on pouvait déjà reprocher à un Zootopie 2 mais qui devient ici d'autant plus insupportable qu'il ne sert qu'à masquer un scénario d'une platitude écrasante.  Un mal qui va jusqu'à ronger les personnages eux-mêmes, changeant de camp au gré de la nécessité scénaristique et semblant surfer sur des rails narratifs plutôt que sur une réelle logique. 


Peach dans Super Mario Galaxy
© Universal BE

Nintendo Cinematic Universe 


Si le premier opus nous avait offert son lot de caméos iconiques, Nintendo pousse ici aussi le curseur, quitte à faire (une fois de plus) dérailler la machine. Sans les dévoiler, ces caméos n'apportent (spoiler alert) la plupart du temps qu'un léger sourire, sinon un haussement de sourcil. 


© Universal BE
© Universal BE

La question du pourquoi


C'est sans doute celle qui se pose, même si la réponse semble sauter aux yeux. Passant de monde en monde et de décor en décor en moins de temps qu'il ne faut pour dire “Mamma Mia”, Super Mario Galaxy détruit par son tempo effréné toute possibilité d'émotion ou d'empathie pour ses personnages et son récit. Ne reste que des produits mignons qui s'agitent sous nos yeux, passés à la moulinette lissante du blockbuster d'animation moderne, où l'animation reste à sauver pour sa qualité, à défaut de sa capacité à nous faire réellement vibrer.  Car lorsque l'on ne s'embarrasse pas de comprendre ce qui motive nos héros, lorsque l'on brosse en deux coups de plumes de fausses héroïnes finalement très normées, et lorsqu'on veut à tout prix transformer chaque seconde utile en montagne russe d'action, on obtient une soupe tiède, sans goût, et tristement oubliable.




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