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La Danse des renards : Plus qu'un simple film de boxe

Dernière mise à jour : 27 mars

Sur le papier, La Danse des renards a tout d’un film aux accents trop familiers. Quel terrain plus balisé que celui du coming-of-age ? Quel sport plus montré sur grand écran que la  boxe ?


© Lumière
© Lumière

Les premières scènes annoncent un film au cadre réaliste : un internat, un jeune homme dont la popularité et le succès vont forcément être mis à rude épreuve. Tout semble prédéterminé. En apparence du moins, car très rapidement, le film surprend. D’abord autour de ces renards que le protagoniste nourrit, au côté de son meilleur ami - un détour champêtre au travers duquel le film esquisse ses thèmes. Puis avec cette chute, qui tout en servant d’élément déclencheur au film, provoque un vrai vacillement. Souffrant d’une douleur qui n’est pas physique, le jeune boxeur interprété par Samuel Kircher ne parvient plus à frapper, à incarner cette masculinité attendue de lui. Et le film de partir, avec lui, hors des sentiers battus.


© Lumière
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Éclats poétiques et moments suspendus viennent se superposer dans ce film en quête de douceur, cherchant des échappatoires alors que les corps s'affrontent.

Crédible en prodige de la boxe, Samuel Kircher l'est encore davantage en adolescent perdu, tombé de son piédestal, stupéfait de ne pas regagner sa place sur le ring. C’est dans son regard que se jouent les plus beaux moments du film, ses yeux inquisiteurs cherchant dans les réactions des autres des réponses à ses questions. 


© Lumière
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Qu’il ne réussisse pas à toutes les obtenir donne au film une résonance particulière. Plutôt que démêler tous les nœuds, le cinéaste Valéry Carnoy préfère laisser ses personnages à leurs interrogations et à leurs doutes alors que l’âge adulte approche. C’est un autre changement au programme attendu de ce genre de film, qui s’incarne notamment dans la relation entre le protagoniste et son meilleur ami, interprété par Faycal Anaflous. Ce qui se joue entre ces deux garçons est beau et terrible à la fois, une rupture progressive qui nous saisit lorsqu’elle s’exprime par la violence des coups et des mots, et nous crève le cœur lorsqu’elle se manifeste en silence. 



Avec Samuel Kircher, Faycal Anaflous, Anna Heckel, Jean-Baptiste Durand, Yoann Blanc. Belgique/France, 94 minutes, 2026. 



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